Accueil AUTRES POETES POEMES DE JULES LAFORGUE

POEMES DE JULES LAFORGUE

0
0
30

CES POEMES SONT EXTRAIT DU RECUEIL  » OEUVRES COMPLETES DE JULES LAFORGUE » .

COMPLAINTES DE LA VIGIE

AUX MINUITS POLAIRES

 

le globe vers l’aimant

chemine exactement

teinté de mers si bleues

de cités tout en toits

de réseaux de convois

qui grignotent des lieues

 

o ma côte en sanglots!

pas loin de saint-malo

un bourg fumeux vivote

qui tient sous son clocher

où grince un coq perché

l’ex-voto d’un pilote!

 

aux cierges, au vitrail

d’un autel en corail

une jeune madone

tend d’un air ébaubi

un beau cœur de rubis

qui se meurt et rayonne!

 

un gros cœur tout en sang

un bon cœur ruisselant

qui du soir à l’aurore

et de l’aurore au soir

se meurt de ne pouvoir

saigner ah! saigner plus encore!

*

COMPLAINTE

DU PAUVRE CORPS HUMAIN

 

l’homme et sa compagne sont serfs

de corps tourbillonnants cloaques

aux mailles de harpes de nerfs

serves de tout et que détraque

un fier répertoire d’attaques

 

voyez l’homme, voyez

si ça n’fait pas pitié!

 

propre et correct en ses ressorts

s’assaisonnant de modes vaines

il s’admire ce brave corps

et s’endimanche pour sa  peine

quand il a bien sué la semaine

 

et sa compagne! allons

ma bell’ nous nous valons

 

faudrait le voir, touchant et nu

dans un décor d’oiseaux de roses

ses tics réflexes d’ingénu

ses plis pris de mondaines poses

bref, sur beau fond vert, sa chlorose

 

voyez l’homme, voyez

si ça n’fait pas pitié!

 

les vertus et les voluptés

détraquant d’un rien sa machine

il ne vit que pour disputer

ce domaine à rentes divines

aux lois de mort qui le taquinaient

 

et sa compagne! allons

ma bell’ nous nous valons

 

il se soutient de mets pleins d’art

se drogue, se tond, se parfume

se truffe tant qu’il meurt trop tard

et la cuisine se résume

en mille infections posthumes

 

oh! ce coupl, voyez!

non, ça fait trop pitié

 

mais ce microbe subversif

ne compte pas pour la substance

dont les déluges corrosifs

renoient vite pour l’innocence

ces fols  germes de conscience

 

nature est sans pitié

pour son petit dernier

*

LOCUTIONS DES PIERROTS

II

ah! le divin attachement

que je nourris pour cydalise

maintenant qu’elle échappe aux prises

de mon lunaire entendement!

 

vrai, je me ronge en des détresses

parmi les fleurs de son terroir

à seule fin de bien savoir

quelle est sa faculté-maitresse!

 

- c’est d’être la mienne, dis-tu?

hélàs! tu sais bien que j’oppose

un démenti formel aux poses

qui sentent par trop l’impromptu

*

IV

tu dis que mon cœur est à jeun

de quoi jouer tout seul ton rôle

et que mon regard ne t’enjôle

qu’avec des infinis d’emprunt!

 

et tu rêvais avoir affaire

à quelque pauvre in-octavo

hélas! c’est vrai que mon cerveau

s’est vu, des soirs, trois hémisphères

 

mais va, l’œillet de tes vingt ans

je l’arrose aux plus belles âmes

qui soient! – surtout je n’en réclame

pas, sais-tu, de ta part autant!

 

  • TEXTE EN PROSE D’ANNE MATALON

    CES TEXTES SONT EXTRAIT DU RECUEIL  » CHIMIOFOLIES » ECRIT PAR ANNE …
  • RIEN QUE LE VENT

    RIEN QUE LE VENT ET LES OISEAUX PAR DELà LA FENÊTRE DE LA CLASSE CLASSE CLASSE CLASSE ON E…
  • POEMES DE CLAUDE HELENE HARTMANN

    CES POEMES SONT EXTRAIT DU RECUEIL  » LE FEU COURBE » ECRIT PAR CLAU…
Charger d'autres articles liés
  • TEXTE EN PROSE D’ANNE MATALON

    CES TEXTES SONT EXTRAIT DU RECUEIL  » CHIMIOFOLIES » ECRIT PAR ANNE …
  • RIEN QUE LE VENT

    RIEN QUE LE VENT ET LES OISEAUX PAR DELà LA FENÊTRE DE LA CLASSE CLASSE CLASSE CLASSE ON E…
  • POEMES DE CLAUDE HELENE HARTMANN

    CES POEMES SONT EXTRAIT DU RECUEIL  » LE FEU COURBE » ECRIT PAR CLAU…
Charger d'autres écrits par fragrancedepoesie
Charger d'autres écrits dans AUTRES POETES

Laisser un commentaire

Consulter aussi

TEXTE EN PROSE D’ANNE MATALON

CES TEXTES SONT EXTRAIT DU RECUEIL  » CHIMIOFOLIES » ECRIT PAR ANNE …