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POEMES DE LUC ESTANG

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CES POEMES SONT EXTRAIT DU RECUEIL  » LA LAISSE DU TEMPS » ECRIT PAR LUC ESTANG.

A NU

le temps serait-il venu

qui remet tout à nu

à force d’usure?

 

sous la cendre le foyer

sous l’écorce l’aubier

le cœur sous l’armure

*

JE SUIS FOU

plus tardif est l’apprentissage

plus le temps du savoir est court

je ne serai donc jamais sage

si je mesure le parcours

qui me reste de bon usage

pour la raison et ses retours

 

j’accepte le verdict et les présages

bonnets carrés et chapeaux pointus

docteurs vieux de la vieille mage

opinant à tête que veux-tu

 

je suis fou. folie apprise à tout âge

mais trop tard au mien pour faire vertu

pour orner jamais cet aréopage

où s’il est séant d’avoir tout connu

encor faut-il en être revenu

 

aucun espoir que je les imite

comment revenir de ses hors limites?

 

j’irai droit devant moi me frayant le passage

fût-ce par monts et marécages

je marcherai comme dans mes orages

apparemment aveugle et sourd

à tout hormis la rumeur la plus secrète

sève qui monte à l’arbre en fête

du sang qu’allume un songe obscur

et lucide au-delà des larmes les plus denses

ce don reçu du ciel avec surabondance

depuis le premier signe du futur

tâtonnant titubant malgré les obstacles

lucide en croyant toujours au miracle!

 

peut-être après avoir beaucoup saigné

quand je serai semblable aux idiots de village

respecté comme en orient par les vrais sages

sans couronne et d’autant plus digne de régner

un sacre transparent sur ma face salie

peut-être arriverai-je au bout de la folie

 

orphée eut le tort de se retourner

 

moi non. c’est en cherchant d’un regard obstiné

toujours plus loin dans mon sombre royaume

que je saurai étreindre le fantôme

sans risque de le perdre une seconde fois

*

CHÂTEAU D’ÂME

éclair tel que celui-là dont s’allume

parfois le miroir d’un songe augural

quel beau visage a surgi dans la brume

d’où jadis il fit le même signal?

 

c’était lui ma fleur de vent et de pluie

avec des espoirs d’île et de soleil

trait pour trait nimbé de mélancolie

mais consumé de feux aux miens pareils

 

je remis le cap sur la prophétie

retrouvant les mots perdus d’autrefois

quel écueil vit-on dans ma psalmodie?

quelle voix de peur me cria: tais-toi!

 

et j’eus plein le cœur de choses confuses

comme un champion au bout de son effort

comme un patient sur le temps qu’il use

comme un naufragé lorsqu’il touche au bord

 

alors j’ai voulu dire l’indicible

ma joie en retard d’avoir devancé

la venue au fond d’un rêve impossible

le présent frustré de tout le passé

 

oh! qu’on sache enfin cette longue attente

sans la belle au bois des illusions

et soudain ce château d’âme que hante

la miraculeuse apparition

 

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